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J-30 // Le pain d’épices, histoire de cet incontournable gâteau de Noël

A l’approche des fêtes de fin d’année, toutes les régions du monde se bousculent pour préparer toutes sortes de pâtisseries et biscuits tous plus délicieux les uns que les autres. C’est le cas de le dire, ils ont « du pain sur la planche » car gourmands et touristes que nous sommes, nous allons nous précipiter sur les marchés de Noël pour apercevoir, sentir ou même consommer ces petits délices. Mais celui qu’on s’attend le plus à voir, celui qui est le plus prisé et le plus représentatif de Noël, c’est lui, le pain d’épices (cf. Gingerbread en anglais), vous savez, ce petit gâteau délicieux au miel aromatisé avec un goût d’épices ? Etant très connu, il a même eu son rôle dans le dessin animé Shrek, vous vous souvenez ? Tibiscuit, oui oui c’est bien lui ! Tout de même, d’où tire-t-il ses origines ce petit bonhomme ? Est-il aussi âgé que le Père Noël, dont vous pouvez d’ailleurs découvrir des choses surprenantes dans notre précédent article. Pour cela, il va nous falloir prendre un peu de recul dans le temps. Accrochez-vous, nous partons loin. Très loin.

Il est temps de remonter…les époques !

Notre atterrissage se fait dans l’ Antiquité pour commencer.  Le pain d’épices possède des origines très lointaines si l’on en croît les dires. Les égyptiens, les grecs,  les romains ou encore les chinois auraient en effet été pionniers en la matière. On rapporte qu’au temps de l’Egypte ancienne déjà, un pain au miel était répandu, ce qui était aussi le cas sur l’île de Rhodes en Grèce où Athénée parlait de « melitates » et Aristophane de « melitounta » en voulant désigner un pain contenant un mélange de farine, de sésame et bien sûr de miel. Autres précurseurs, les romains dont le pain frit enduit de miel était qualifié de « panis mellitus » et la Chine également, qui l’appelait « Mi-Kong », traduction littérale pour pain de miel. Une recette chinoise du Xème siècle faisait déjà état d’un pain fabriqué à partir de farine de froment, de miel mais aussi de plantes aromatiques dont ils sont très adeptes. Par ailleurs, cette denrée représentait aussi les rations de leurs soldats durant la guerre, et involontairement cela la répandit plus tard sur le continent arabe.

Réf image : Le petit bonhomme de pain d’épices, Wikipédia

Notre prochain saut s’effectue au Moyen Âge pour continuer. C’est au temps des croisades du XVème siècle que la recette fut découverte en Occident. L’Allemagne fut la première à accueillir le pain d’épices  dont la première mention avait été faite dans la ville d’Ulm en 1296 pour ensuite se répandre dans certains monastères germaniques de l’époque. D’autres mentions furent évoquées dans les villes de Munich, Nuremberg, Bâle ou encore Augsbourg où les créateurs de pain d’épices, aussi appelés les pains d’épiciers  (« Lebzelters » en allemand) payaient des taxes dès l’année 1370. Puis ce serait à partir de 1453 que les célèbres petits pains auraient commencé à figurer sur les tables de Noël de moines cisterciens en Alsace. A cette époque, on octroyait au pain d’épices une forme humaine. Les premiers maîtres pâtissiers spécialistes de la denrée s’étaient auparavant établis à Reims au XIVème siècle. Leur recette ? Tout simplement, un pain d’épices fait de farine de seigle et un bon goût de miel, le tout relevé avec des épices. A partir de là, une communauté de pains d’épiciers ou encore de pâtissiers de pain d’épices  réputés s’était formée dans cette ville. Leur monopole fut officiellement reconnu par Henri IV en 1596.

Ce biscuit de Noël est apparu dans l’Europe médiévale de l’Ouest en même temps que la cannelle, les amandes, le gingembre ou encore les fruits secs mais c’est au XVIème siècle qu’il est devenu très populaire surtout en Allemagne où on le surnomme Lebkuchen, en Suède le papparkakor, ou encore en Norvège le krumkake.

Elisabeth I d’Angleterre, aurait eu l’honneur et le privilège de goûter à ces petits bonshommes de pain d’épices en première. Il paraîtrait d’ailleurs qu’elle prenait grand plaisir à offrir à ses invités ces biscuits à leur effigie.

 

Les traditions autour du monde

Réf image : kuraru-photographies.e-monsite.com

S’il est très à la mode dans les pays anglo-saxons, c’est aussi parce qu’il sort d’un célèbre conte merveilleux de 1875 dans lequel une vieille femme cuit dans son four un personnage de pain d’épices mais celui-ci parvient à s’enfuir dans la forêt. Tandis que la dame et son mari partent ensuite à sa poursuite, lui rencontre des amis animaux et fermiers en répétant sans cesse à tous ceux qu’il croise « cours, cours, aussi vite que tu peux, tu ne m’attraperas, je suis le bonhomme de pain d’épices. ». Il sera finalement dévoré par un renard ayant déjoué sa malice, à la fin de la fable.  L’histoire est triste certes, mais avouons que même nous, nous ne pouvons lui résister.

La célébrité de ce bonhomme de pain d’épices est telle que plusieurs pays du monde pratiquent des événements en son honneur pour fêter Noël. En hiver tous les ans, la ville de Toruń en Pologne, organise un festival du pain d’épices nommé le Świeto Piernika qui permet aux habitants de commémorer la tradition de fabrication de l’époque. Tandis que la Suède se rassemble dans un défilé de la Sainte-Lucie, amusant les enfants qui se déguisent en bonshommes de pain d’épices pour célébrer l’occasion. Quant au Québec, ce sont des maisons fabriquées en pain d’épices qui se forment. C’est ce qui s’appelle avoir bon goût !

En France, dans plusieurs villes, ce sont les boulangeries, grands magasins et plus communément les marchés de Noël qui dévoilent ce petit personnage. Tels qu’on les connaît aujourd’hui, les bonshommes de pain d’épices ont un aspect physique particulier, avec des mains sans doigts et des pieds rognés (oui dommage, ça en fait moins à grignoter !). Ils se composent également d’un visage souriant qu’on peut soit dessiner en sa surface par un léger glaçage soit qu’on peut incorporer directement au biscuit. Certains ont des cheveux parfois mais ceux qu’on a l’habitude de voir sont plutôt chauves.

On peut en trouver aussi avec des chaussures ou avec une chemise et ses boutons qui sont représentés par des boules de chewing-gum, du glaçage ou encore des raisins secs, ce qui prolonge la gourmandise !

Toujours en France, l’Alsace possède un musée typiquement dédié au pain d’épices. Comme évoqué plus haut, le personnage fait l’objet de divers contes et légendes. C’est donc au cœur de la petite commune de Gertwiller qu’est niché ce musée prenant la forme d’une maison de pain d’épices (pouvant rappeler la maison des sucreries du conte Hansel et Gretel) et retraçant tout l’historique de ce dernier. A travers 40 ans de collection de plus de 10 000 objets conservés, vous pourrez trouver images, ustensiles, faïences, moules, emporte-pièces, matériel de fabrication, meubles et même une cuisine reconstituée…tout ce qui témoigne de la rareté de la denrée et du prix des épices de l’époque, ainsi il n’aura plus aucun secret pour vous.  A côté du musée et de sa boutique, il est également possible de faire la visite d’un atelier de fabrication. L’emblème présent sur le front de l’atelier est un ours en bretzel qui rappelle la « corporation » formée à la renaissance par les pains d’épiciers.

Il existe également un palais du pain d’épices. Pour ceux qui ne peuvent pas attendre d’aller là-bas, voici quelques secrets de fabrication et recettes tirés du site officiel du musée.

Sachez que vous pourrez trouver dans notre publication du Mercredi sur notre blog,  une recette de fabrication d’une maison de pain d’épices. Découvrez par exemple comment construire une maison en pain d’épices salée !

 

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